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Mécanismes moléculaires intervenant dans l’absorption paracellulaire du phosphate inorganique dans l’intestin et dans l’apparition de la maladie cardiovasculaire

Dr. Todd R. Alexander
Université de l’Alberta
Subvention de soutien à la recherche biomédicale
2017 - 2019
100 000 $
Insuffisance rénale

Résumé vulgarisé du projet de recherche

Les maladies cardiovasculaires constituent la cause la plus fréquente de décès chez les personnes souffrant d’insuffisance rénale. Chez les patients qui présentent d’une atteinte chronique, particulièrement lorsque la maladie a atteint le stade terminal, on remarque que le taux de phosphate sanguin est directement lié à l’apparition de maladies cardiovasculaires, notamment de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. Ceci s’explique par le fait que le phosphate peut se lier au calcium dans le sang et former des calcifications dans les vaisseaux, ce qui mène à des séquelles cardiovasculaires à long terme.

Malheureusement, nous saisissons encore mal de quelle façon le sang absorbe le phosphate (un agent de conservation couramment utilisé dans les aliments) d’un point de vue moléculaire. Nous souhaitons donc éclaircir ce phénomène afin de pouvoir bloquer l’absorption du phosphate dans l’intestin et ainsi prévenir l’apparition de maladies cardiovasculaires chez les personnes atteintes d’une maladie rénale. Nous savons, pour l’instant, que la plus grande partie du phosphate ingéré est absorbée entre les cellules intestinales.

Le laboratoire du Dr Alexander possède une vaste expérience dans la compréhension du mouvement des substances entre les cellules. Nous avons observé que le fait de bloquer le mouvement du sodium dans l’intestin et le rein a pour effet d’empêcher le mouvement des ions et des petites molécules entre les cellules. En bloquant le mouvement du sodium, les cellules établissent des liens plus serrés entre elles. Dans le cadre de ce projet de recherche, nous cherchons à élucider ce processus et à cibler les molécules de signalisation qui y participent afin de pouvoir les manipuler de manière à éviter l’absorption de phosphate et les maladies cardiovasculaires qui s’ensuivent chez les personnes aux prises avec une maladie rénale. Notre projet vise également à cerner les protéines en jeu dans la liaison entre les cellules intestinales qui permettent ou empêchent le mouvement du phosphate entre ces dernières. Le laboratoire du Dr Alexander a conçu des souris génétiquement modifiées, de sorte qu’elles soient privées d’une telle protéine, appelée claudine-12. Les données préliminaires nous amènent à déduire que la claudine-12 fait obstacle au phosphate qui s’immisce entre les cellules épithéliales. Notre projet a pour but de définir clairement le rôle que joue cette protéine dans l’absorption du phosphate dans l’intestin.

En outre, compte tenu dudit effet de la claudine-12, c’est-à-dire le blocage du flux du phosphate dans cette région du tube digestif, ce modèle servira à étudier l’incidence de l’absorption accrue du phosphate par l’intestin sur la prédisposition aux maladies cardiovasculaires. Enfin, ces études fourniront de nouvelles cibles thérapeutiques pour la prise en charge des maladies cardiovasculaires chez les personnes souffrant d’une maladie rénale.

Biographie

Le Dr Alexander est pédonéphrologue à l’Hôpital pour enfants de Stollery; il assume également les fonctions de professeur adjoint au département de pédiatrie et de professeur auxiliaire en physiologie à l’Université de l’Alberta. Il a obtenu son diplôme de médecine à l’Université de Western Ontario. Le Dr Alexander a reçu sa formation en pédiatrie à l’Université Memorial de Terre-Neuve et sa formation en néphrologie pédiatrique à l’Hospital for Sick Children. Il a par la suite obtenu son doctorat en biologie cellulaire de l’Université de Toronto, puis a poursuivi des études postdoctorales en physiologie tubulaire rénale à l’Université Radboud, aux Pays-Bas. Les recherches du Dr Alexander portent sur les principaux mécanismes de transport par lesquels les tubules rénaux régulent l’équilibre électrolytique, acido-basique et calcique dans l’organisme. Plus précisément, il cherche à comprendre les mécanismes moléculaires qui modifient l’absorption du sodium dans les tubules rénaux menant à l’hypertension et tente d’analyser les processus par lesquels les perturbations du transport tubulaire du calcium entraînent la formation de calculs rénaux. Ses travaux bénéficient du soutien financier des Instituts canadiens de recherche en santé, du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada, de même que de La Fondation canadienne du rein et du Women and Children’s Health Research Institute. Le Dr Alexander est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada (niveau 2) en physiologie du transport vectoriel des cellules épithéliales rénales.