Passer au contenu principal

L'histoire d'Alley

"Rétrospectivement, on revoit des signes avant-coureurs des problèmes à venir. "
Le jour de l'anniversaire de maman, on m'a diagnostiqué un diabète de type 1 -- j'avais 5 ans.  Depuis, j'ai vécu tout un parcours. J'ai eu la chance de grandir dans une famille aidante, exceptionnelle, qui ne réagissait pas au diabète comme s'il s'agissait d'une plaie catastrophique. Ça faisait partie de ma vie, et nous allions, ensemble, trouver les moyens d’y faire face.

J'ai eu une enfance normale, sans jamais avoir à cacher mon diabète à mes amis et au reste de la famille. À un moment donné, je suis devenue porte-parole de la Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile – j’étais littéralement le « visage » enfantin du DT1 ! On parlait des complications liées à la maladie, mais jamais je n’aurais pensé qu'elles me frapperaient un jour. Je croyais maîtriser la situation; et j'étais loin de me douter que le diabète rongeait lentement mes reins.

Rétrospectivement, on revoit des signes avant-coureurs des problèmes à venir. Mes chevilles s’étaient mises à enfler, mais je croyais que c'était à cause de mon travail au 66e étage d'une tour à bureaux et de mes voyages en avion tous les mois. En novembre 2018, je parlais au téléphone lorsque j'ai commencé à avoir des difficultés à respirer. J'ai appelé une ambulance, et à l'hôpital, les médecins m'ont appris que ma tension artérielle avait grimpé à des niveaux dangereux. J'étais à deux doigts de la crise cardiaque, et mes reins étaient en train de flancher.

J'étais dévastée par la nouvelle et morte de peur. Je ne connaissais personne dans la jeune trentaine atteint d'insuffisance rénale, et encore moins quelqu’un ayant besoin d'une double greffe d'organes. En commençant les dialyses, j'ai rencontré une communauté de gens dans la même situation qui gardaient espoir. Je crois bien que l'espoir est le moteur de tous nos parcours. L'espoir est essentiel. 

À trois reprises, l'hôpital m’a appelée pour une transplantation, et à chaque fois l’opération a été annulée à cause d’un problème. Ça vous sape le moral. En mai dernier, enfin un autre appel. J'avais un bon pressentiment, et je me disais que cette fois-ci, ça allait marcher. 

Le 5 mai, 30 ans jour pour jour après mon tout premier diagnostic de DT1, j'ai reçu une greffe de rein et de pancréas. Tout s'est bien passé et je suis maintenant en convalescence chez moi ! Cette opération m'a sauvé la vie. J'ai retrouvé un sentiment de liberté et je regarde les années à venir avec optimisme. 

Chaque jour, j'ai une pensée pour mon donneur ou ma donneuse... et je lui suis à jamais reconnaissante pour ce don de vie.