Victoria Riehl-Tonn | Université de Calgary
Type de financement attribué : Bourses d'études du Programme de recherche paramédicale en néphrologie
Sexe, genre et qualité de vie des patients qui entreprennent une hémodialyse
Résumé grand public
L’insuffisance rénale se manifeste par un déclin progressif et irréversible de la fonction rénale. À mesure que la fonction rénale se détériore, les reins perdent leur capacité à faire leur travail et à éliminer les liquides et les déchets. Au Canada, plus de 40 000 personnes vivant avec l’insuffisance rénale doivent recevoir un traitement de suppléance rénale sous la forme d’une dialyse pour leur permettre de rester en vie. L’hémodialyse utilise un appareil (dialyseur) qui prélève le sang pour le filtrer de ses impuretés, avant de le réinjecter dans l’organisme. À l’heure actuelle, tous les patients qui entreprennent une hémodialyse sont soumis à la même ordonnance de traitement, c.-à-d. des séances de 4 heures à raison de trois fois par semaine. C’est ce qu’on appelle l’hémodialyse conventionnelle. Cependant, il a été démontré que la population dialysée jouit d’une moins bonne qualité de vie que la population générale, et que les femmes dialysées sont encore plus défavorisées que les hommes sur ce plan. La qualité de vie est un facteur prédictif d’hospitalisation et de mortalité chez les personnes en dialyse. Il s’agit d’un enjeu important, et la qualité de vie a été citée comme un domaine de recherche prioritaire par les patients. L’hémodialyse incrémentale est une nouvelle initiative lancée en Alberta qui vise à améliorer la qualité de vie des patients dialysés. Cette stratégie permet aux patients d’amorcer la dialyse à une fréquence réduite (moins de trois fois par semaine) et d’augmenter progressivement le rythme des séances en fonction de la diminution de leur fonction rénale résiduelle. L’objectif de l’hémodialyse incrémentale est de faciliter la transition vers l’hémodialyse et d’ajuster progressivement l’ordonnance de traitement pour en arriver à un rythme de trois séances par semaine. L'assouplissement du processus réduit la contrainte imposée par l’hémodialyse et est associé à une amélioration de la tolérance au traitement et de la qualité de vie des patients. Mon projet de recherche consiste à réaliser une étude de cohorte prospective comportant une période de suivi de 3 mois afin d’établir le lien entre la qualité de vie et les méthodes d’hémodialyse incrémentale et conventionnelle chez des patients stratifiés en fonction du sexe et du genre. La population étudiée se compose de patients souffrant d'insuffisance rénale qui entreprennent une hémodialyse en Alberta. Mon évaluation porte sur l'hémodialyse incrémentale, qui sera comparée à l'hémodialyse conventionnelle. Mon objectif est de mesurer la qualité de vie à l'aide du questionnaire KDQoL-36, un outil normalisé et validé en 36 points sur la qualité de vie des patients atteints de maladie rénale. L'étude est menée dans l’ensemble des centres de soins rénaux de l'Alberta.