Shaifali Sandal | Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill
Déterminer les causes des inégalités entre les genres chez les donneurs de rein vivants
Co-candidat(s) : Ann Bugeja, Ekaterina (Katya) Loban, Heather Badenoch, Marie-Chantal Fortin, Ngan Lam, Peter Nugus, Rahul Mainra, Rosemary Morgan
Résumé grand public
Contexte : Les donneurs vivants de rein (DVR) sont des personnes en bonne santé qui font don d'un de leurs reins à un patient souffrant d'insuffisance rénale. Cela permet au patient d'avoir une meilleure survie et une meilleure qualité de vie. Ils permettent également au système de santé canadien d'économiser des milliards de dollars, car les patients n'ont plus besoin de dialyse. Intéresser davantage de personnes au don de rein est une priorité pour la communauté des néphrologues. Cependant, les LKD ont plusieurs besoins de la part de leurs équipes de soins de santé qui sont actuellement mal pris en charge, et nous développons un modèle de soins pour mieux soutenir les LKD. Tout en poursuivant ce travail, nous avons remarqué qu'il y a plus de femmes que d'hommes atteints de LKD au Canada, les femmes représentant 60 % de l'ensemble des LKD. Nous avons également noté que ces tendances ont été signalées par la plupart des pays au cours des trois dernières décennies, mais que la proportion d'hommes atteints de LKD n'augmente pas. La plupart d'entre eux supposent que cela est dû aux inégalités systémiques entre les sexes dans la plupart des sociétés, qui considèrent que les hommes sont les principaux pourvoyeurs de revenus et que les femmes sont celles qui s'occupent des enfants. Toutefois, cette question n'a pas été examinée de manière systématique dans différents pays. Par ailleurs, dans nos travaux antérieurs, nous avons noté que les expériences et les besoins des LKD peuvent également varier en fonction de leur sexe tout au long de leur trajectoire de don. Par exemple, les femmes semblent être plus nombreuses que les hommes à faire état de fatigue après le don.
Objectif : Nous voulons maintenant expliquer ces observations : pourquoi y a-t-il plus de femmes et moins d'hommes parmi les donneurs de sang ? Pourquoi les expériences des donneurs de sang varient-elles en fonction de leur sexe ? En particulier, nous voulons explorer comment les inégalités de genre profondément enracinées répondent à ces questions.
Méthodologie : Nous mènerons une étude qualitative à l'aide d'un cadre systématique appelé matrice d'analyse de genre (GAM) développé par l'Organisation mondiale de la santé. Nous développerons cette GAM et l'utiliserons pour guider les entretiens avec les LKD du Canada, de l'Inde, de Hong Kong et des Philippines. En Inde, plus de 70 % des LKD sont des femmes, tandis qu'à Hong Kong et aux Philippines, la proportion de femmes et d'hommes LKD est égale. Nous incluons donc des LKD d'autres pays pour voir comment des ressources, des systèmes de santé et des structures sociales différents contribuent à ces proportions variables.
Résultats attendus : Tout d'abord, nous publierons un GAM qui peut être utilisé dans le domaine de la néphrologie et de la transplantation. Ensuite, nous présenterons nos résultats qui répondent à nos questions de recherche. Nous nous en servirons pour élaborer des stratégies visant à remédier aux disparités entre les sexes dans le don de rein par des personnes vivantes.
Participation des patients : Notre équipe méthodologique de base comprend un patient partenaire qui sera impliqué tout au long de notre processus de recherche, à savoir l'élaboration du GAM, le recrutement de LKD à interviewer et l'analyse des données. Nous identifierons un autre patient partenaire qui est un homme dès que nous aurons reçu un financement pour l'aider à utiliser la plateforme du CDTRP. Ils feront également partie de notre équipe méthodologique de base. Nous organiserons des groupes de discussion avec les patients partenaires afin d'obtenir leur avis lors de la préparation du GAM.
Pertinence pour les patients et la communauté : Il s'agira de la première analyse complète et systématique de l'égalité des sexes dans le domaine du don de rein par un donneur vivant. Nous espérons utiliser les résultats non seulement pour mieux soutenir les femmes donneuses de rein vivant, mais aussi pour soutenir davantage d'hommes qui souhaitent faire un don de rein vivant, mais qui sont peut-être ambivalents ou découragés de le faire.
Conclusion : La disparité entre les sexes en matière de don de rein vivant est reconnue depuis plus de trente ans, mais peu de choses ont été faites pour combler cette lacune. Nous souhaitons mener une étude qualitative afin de mieux expliquer ce phénomène et de parvenir éventuellement à l'équité entre les sexes dans le domaine du don de rein par des personnes vivantes.