Lauréats des bourses de recherche
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Sacha De Serres | Université Laval

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

Réduire l’immunosuppression cellulaire chez les greffés du rein : une étude pilote

Personnes candidates : Héloïse Cardinal, Julie Ho

Résumé grand public

Contexte : L’immunosuppression est un traitement indispensable pour les personnes qui reçoivent une greffe de rein et pour celles qui souffrent d’une maladie d’origine immunitaire. Malheureusement, les patients qui prennent des immunosuppresseurs peuvent être aux prises avec des effets indésirables, dont certains sont particulièrement préoccupants, comme des infections graves et des cancers. En ce moment, il est d’usage de prescrire les médicaments immunosuppresseurs de la même façon à tous les patients, en adaptant la dose en fonction des complications qui peuvent survenir pendant le traitement. Tout comme la mesure de la pression artérielle permet d’adapter la dose des antihypertenseurs, il est crucial de concevoir un instrument clinique pour ajuster celle des immunosuppresseurs. Un tel outil permettrait de cibler les patients dont le système immunitaire est affaibli et qui sont donc exposés à un risque accru d’infection et de cancer. Au cours des dix dernières années, nous avons mis au point un test cellulaire capable d’évaluer la réactivité du système immunitaire et de prédire le risque de contracter une infection grave ou un cancer. Dans le cadre d'une étude de cohorte menée dans cinq centres canadiens, nous avons récemment démontré que ce test permet de classer les patients selon leur risque de présenter un événement : faible (11 %), modéré (18 %) et élevé (30 %). Nous proposons maintenant de vérifier si la communication des résultats de cet outil aux patients et à leurs soignants permettra de réduire l'immunosuppression en toute sécurité chez les patients exposés à un risque élevé.

Méthodologie : Nous allons mener une étude pilote interventionnelle sur deux groupes de patients. Dans le groupe expérimental, nous examinerons la réponse immunitaire tous les trois mois et informerons le patient et son équipe soignante du score de risque d’effets indésirables. Dans le groupe témoin, les patients bénéficieront d'une prise en charge habituelle, sans l’utilisation d’un outil visant à les informer de leur risque d'effets indésirables.

Résultats attendus : Nous pensons que les patients présentant un risque élevé pourraient choisir de limiter leur traitement immunosuppresseur en fonction des résultats du test. Comme ce test permettra de cerner les patients dont la réponse immunitaire est faible, nous prévoyons que cette réduction contrôlée de l’immunosuppression sera sans danger, n’augmentera pas le risque de rejet du greffon et se traduira par une diminution des effets indésirables.

Participation des patients : Selon les règles établies pour l’étude (les patients et l'équipe soignante recevront les résultats du test), tous les participants joueront un rôle actif dans l'ensemble du processus. Ainsi, en vérifiant les doses réelles d'immunosuppresseurs à la fin de l'étude, nous pourrons évaluer directement comment les renseignements fournis par le test ont influencé le traitement. Les patients seront invités à nous faire part de leur expérience à la toute fin de l’étude.

Pertinence : Ce projet est unique en son genre, car il se concentre sur la surimmunosuppression. Le fait de réduire l'immunosuppression augmentera le risque de rejet, jusqu'à un certain point. Heureusement, ce risque est actuellement très faible grâce aux traitements immunosuppresseurs très efficaces qui sont prescrits aux patients. Paradoxalement, la mortalité chez les receveurs de rein est aujourd'hui davantage due aux effets indésirables qu'au rejet du greffon. Ce que nous espérons pour les patients, c'est un meilleur équilibre entre les bienfaits et les inconvénients de l'immunosuppression.

Conclusion : Nous avons peut-être atteint un stade où l’affaiblissement du système immunitaire devient excessif pour certains patients. L’immunothérapie personnalisée devrait permettre de tirer le meilleur parti des avantages de la greffe tout en limitant le plus possible les effets indésirables graves. Ces nouvelles connaissances pourraient profiter non seulement aux greffés du rein, mais également à tous les patients qui suivent un traitement immunosuppresseur.