Lauréats des bourses de recherche
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Moumita Barua | Réseau universitaire de santé

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

Découverte de biomarqueurs protéomiques liés à l'hématurie et corrélation avec les maladies rénales

Personnes candidates : Andrew D. Paterson, Sarah Gagliano Taliun

Résumé grand public

L’hématurie (présence de sang dans l’urine) révèle souvent une maladie rénale et augmente considérablement le risque que celle-ci évolue vers l’insuffisance rénale. Toutefois, les statistiques sur la prévalence de l’hématurie sont très variables, allant de moins de 1 % à plus de 30 % de la population. Comme l'hématurie est détectable par une simple analyse d’urine, il s'agit là d'un outil essentiel et pourtant sous-utilisé pour dépister les personnes susceptibles de souffrir de maladies rénales. Lors de nos recherches précédentes, nous avons étudié l’hématurie grâce aux données de la UK Biobank, une vaste ressource de recherche du Royaume-Uni qui recueille les renseignements sur la santé et les données génétiques de centaines de milliers de personnes. Cela nous a permis de découvrir des liens génétiques évidents entre l’hématurie et certains gènes. Les plus importants étaient COL4A3 et COL4A4, qui sont responsables du syndrome d’Alport, une maladie héréditaire des reins qui se caractérise par la présence de sang dans les urines et par des lésions de la membrane basale glomérulaire (MBG), une structure essentielle à la fonction de filtration des reins. Nous avons aussi fait un rapprochement avec HLA-B, un gène déjà connu pour son rôle dans l’apparition de maladies rénales d'origine immunitaire, comme la néphropathie à IgA et le syndrome néphrotique sensible aux stéroïdes. Ces observations laissent croire que l’hématurie pourrait être influencée à la fois par des modifications dans la structure du rein et par l’activité du système immunitaire.

Nous pensons que l’hématurie est bien plus qu’un simple symptôme et qu’elle peut fournir des indices précieux sur les mécanismes à l’origine des maladies, ce qui permettrait de concevoir de nouveaux tests diagnostiques et traitements. Nous nous appuierons sur nos découvertes pour atteindre deux objectifs principaux, soit

1) étudier les facteurs génétiques qui déterminent l’épaisseur de la MBG, une structure anatomique cruciale du système de filtration des reins, afin de comprendre comment les variations génétiques affectent la santé rénale; et

2) explorer le lien entre les protéines sanguines et l’hématurie, dans l’espoir de découvrir de nouveaux biomarqueurs non invasifs.

Pour ce faire, nous mènerons nos travaux chez deux groupes de patients atteints de maladies rénales (NEPTUNE et CureGN; > 1800 patients) et deux groupes de personnes issues de la population générale (UK Biobank et All of Us; > 1 000 000 patients). En combinant des analyses génétiques et protéiques, nous cherchons à éclaircir les origines de l'hématurie, à comprendre ce qu'elle révèle sur la santé des reins, et à pouvoir ainsi améliorer le diagnostic, le suivi et le traitement des maladies rénales.