Ping Liu | Université de Calgary
Différences liées au sexe ou au genre sur le fardeau, la prise en charge et l’issue de la maladie rénale chronique
Co-candidat(s) : Aminu Bello, Dale Birdsell, Matthew James, Meghan Elliott, Neesh Pannu, Paul Ronksley, Pietro Ravani, Sandra Dumanski, Shannon Ruzycki, Simon Sawhney, Sofia Ahmed, Tyrone Harrison, Yang Liu
Résumé grand public
Contexte : Certaines études ont révélé que la maladie rénale chronique (MRC) de stade précoce s’observe plus fréquemment chez les personnes de sexe masculin, mais que ce sont les personnes de sexe féminin qui sont les plus susceptibles de voir la maladie évoluer vers le stade avancé. Les personnes de sexe masculin sont toutefois plus nombreuses à recevoir de la dialyse ou à subir une greffe de rein pour traiter une insuffisance rénale. Cette contradiction peut s'expliquer par une combinaison de facteurs biologiques liés au sexe et de facteurs socioculturels liés au genre, tels que des différences dans l'accès aux services de santé, les traitements ou les problèmes de santé associés à la maladie. Les études existantes ont cependant leurs limites, entre autres l'application de méthodes sous-optimales pour définir la MRC et une durée insuffisante pour observer l'évolution de l’état des patients au fil du temps. Par exemple, la représentation des patients pour un stade donné de la MRC peut dépendre de la fréquence à laquelle chaque personne parvient à ce stade, de la durée pendant laquelle elle y reste et de la rapidité avec laquelle elle le quitte, que ce soit parce que sa maladie régresse ou s'aggrave, ou parce qu'elle décède. L’étude de l’impact et des conséquences de la MRC à ses différents stades permet de mieux comprendre les différences liées au sexe ou au genre. La fonction rénale peut ainsi décliner plus lentement chez les personnes de sexe féminin, mais elle peut être plus susceptible de s'améliorer chez les personnes de sexe masculin, en particulier aux stades moins graves de la MRC.
Objectif : Nous voulons déterminer les différences possibles liées au sexe ou au genre du point de vue de l’incidence (nouveaux cas sur une période précise), de la prévalence (cas existants à un moment précis ou sur une période précise), de la prise en charge et des conséquences de la MRC aux stades G1 à G5.
Méthodologie : Dans le cadre de ce projet, nous utiliserons des données sur la santé de classe mondiale, qui sont recueillies sur une base régulière depuis plusieurs décennies en Alberta pour suivre l’évolution naturelle de la MRC. Nous appliquerons les recommandations des lignes directrices pour repérer les nouveaux cas de MRC et évaluer l'amélioration et la progression de la maladie, ce qui permettra d'estimer plus précisément l’impact de la MRC. Nous calculerons les taux d’atteinte et de fin des différents stades de la MRC chez les personnes de sexe masculin, de sexe féminin, transgenres ou non binaires. Nous examinerons les différences entre les sexes ou les genres quant au stade de la MRC au moment de l’apparition des premiers signes de la maladie ainsi que son évolution au fil du temps, notamment sa régression et sa progression. Nous étudierons également la prise en charge de la maladie après son diagnostic d'après le sexe et le genre du patient, y compris l'accès aux services de santé, l'utilisation des médicaments recommandés pour protéger les reins et l'évitement des médicaments nocifs pour les reins.
Résultats attendus : Nos travaux fourniront de nouvelles données détaillées sur l’impact de la MRC et permettront de cerner les facteurs qui contribuent aux différences entre les sexes ou les genres dans l’évolution de la maladie. Nos résultats permettront de formuler des recommandations fondées sur des faits pour assurer une surveillance et une prise en charge plus efficaces de la MRC.
Participation des patients : Deux personnes de sexes et de genres différents atteintes d’une MRC nous ont aidés à élaborer ce plan de recherche et participeront à nos travaux tout au long du projet.
Pertinence pour les patients ou la collectivité : Ce programme de recherche vise à cibler les inégalités potentielles en matière de santé rénale selon le sexe et le genre du patient. Si nous observons un traitement sous-optimal des affections coexistantes ayant des conséquences défavorables sur la MRC chez les personnes de sexe féminin confrontées à des problèmes sociaux ou économiques, des retards dans le dépistage de la MRC chez les personnes de sexe masculin présentant des facteurs de risque particuliers, ou une évolution négative de la maladie chez les personnes transgenres ou non binaires, ces données serviront à orienter la mise en place de programmes visant à améliorer le dépistage, l'utilisation des médicaments et l'observance thérapeutique, pour finalement améliorer les soins prodigués aux personnes présentant un risque élevé de MRC et de complications qui y sont associées.
Conclusion : Ce projet de recherche contribuera à l'élaboration de meilleures stratégies de surveillance et de traitement adaptées aux adultes atteints d'une MRC, améliorant ainsi la santé rénale et l'équité en matière de soins.