Lauréats des bourses de recherche
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Marie-Josée Hébert | Centre hospitalier de l'Université de Montréal

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

Élimination d’une protéine de mort cellulaire pour protéger les vaisseaux sanguins des reins et prévenir l’insuffisance rénale après une greffe

Personnes candidates : Alice Doreille, Francis Migneault, Héloïse Cardinal

Résumé grand public

Contexte : Lors d’une greffe de rein, celui-ci est prélevé sur le donneur et temporairement privé de son apport sanguin avant que la circulation soit rétablie une fois l'organe implanté dans le corps du receveur. Ce phénomène, appelé ischémie-reperfusion, peut endommager les petits vaisseaux sanguins des reins, ce qui risque d'entraîner l’apparition de cicatrices (fibrose) et de limiter la durée de vie du greffon. Les reins de donneurs âgés sont particulièrement exposés à ce type de complications, car ils ont déjà perdu beaucoup de ces vaisseaux sanguins et présentent une quantité importante de cicatrices. Notre équipe de recherche a découvert qu’en supprimant le gène de la caspase-3 chez la souris, on pouvait préserver les vaisseaux sanguins fins, éviter la cicatrisation et améliorer le fonctionnement des reins endommagés. Cependant, on ne sait pas encore si ce gène est également impliqué dans la perte de vaisseaux sanguins et la cicatrisation naturelle associées au vieillissement, ni si l'élimination de ce gène pourrait protéger les reins des personnes âgées. Les premiers résultats de nos travaux laissent croire que cela pourrait être le cas. Si cette hypothèse se confirme, il serait alors possible d’élaborer des stratégies pour mieux préserver les reins des donneurs âgés, un objectif crucial compte tenu de la pénurie actuelle d’organes.

Méthodologie : Nous avons mis au point un modèle de souris permettant d’éliminer spécifiquement la caspase-3 des vaisseaux sanguins n’importe quand après la naissance. Nous nous servirons de ce modèle pour : 1) évaluer si l’élimination de la caspase-3 pendant la vie permet de prévenir la détérioration des vaisseaux sanguins, la cicatrisation et le déclin de la fonction rénale liés au vieillissement; et 2) vérifier si la suppression de la caspase-3 chez des souris âgées juste avant le début du processus d’ischémie-reperfusion peut protéger les reins. Pour évaluer la fonction rénale, nous recourrons à des analyses de sang courantes (dosage de la créatinine), à des examens microscopiques, à des techniques d’imagerie de pointe pour compter les vaisseaux sanguins, ainsi qu’à des mesures régulières de la pression artérielle (une pression élevée étant un indicateur de maladie rénale). Parallèlement, nous examinerons des tissus rénaux prélevés avant la greffe chez 191 patients. L’objectif est de déterminer si les signes précoces d'activation de la caspase-3 peuvent prédire le risque de complications à long terme après une greffe de rein.

Résultats attendus : Nous croyons que l’élimination de la caspase-3 chez la souris permettra de protéger les vaisseaux sanguins des reins, de limiter la cicatrisation et de préserver la fonction rénale. Chez les patients réels, la détection de signes d’activité de la caspase-3 dans les échantillons de tissus prélevés avant la greffe devrait aider à prédire le risque d’insuffisance rénale à long terme. Nous collaborerons étroitement avec des patients partenaires inscrits au Programme de recherche en don et transplantation du Canada (PRDTC) pour nous assurer que les préoccupations des patients sont prises en compte tout au long de nos activités de recherche et de partage des connaissances.

Pertinence pour les patients ou la collectivité : Si les résultats de nos travaux sont concluants, ils pourraient mener à de nouvelles façons de protéger les reins lors d'une greffe, en particulier lorsque les greffons proviennent de donneurs âgés, afin d'assurer leur bon fonctionnement le plus longtemps possible. De nouvelles méthodes diagnostiques pourraient également voir le jour et permettre de repérer les reins les plus susceptibles de subir une défaillance. Nous pourrions ainsi prévenir efficacement les complications et adapter les traitements aux besoins de chaque patient.

Conclusion : Ce projet associe les données d’études menées sur des animaux et celles issues de recherches chez des receveurs de greffe pour concevoir des méthodes préventives et des tests prédictifs. L’objectif est d’accroître la longévité des greffons et d’optimiser les résultats chez les patients atteints d’insuffisance rénale.