Khaled Barakat | Université de l'Alberta
Évaluation in vitro de l'inhibition de la DGKα pour renforcer la réponse immunitaire contre le carcinome à cellules rénales
Résumé grand public
Traiter le cancer du rein peut s’avérer difficile. Notre corps possède un système immunitaire qui a pour mission de le défendre contre les infections et certaines maladies, comme le cancer. Des cellules immunitaires spécialisées, les cellules NK et les lymphocytes T CD8+, agissent comme des « soldats » dans notre corps et attaquent les cellules cancéreuses. Cependant, dans un type de cancer du rein appelé carcinome à cellules rénales (CCR), le cancer utilise une « ruse » pour échapper à l'attaque des cellules NK et des lymphocytes T CD8+ : il produit une très grande quantité d'une protéine appelée DGKα, qui empêche ces cellules immunitaires de fonctionner correctement. Elles ne peuvent plus tuer les cellules cancéreuses comme elles le devraient, permettant ainsi au cancer de continuer à se développer.
Comment pensons-nous aider ? Nos travaux de recherche portent principalement sur un nouveau médicament qui bloque la protéine DGKα. En bloquant cette protéine, nous pourrions « réveiller » les cellules NK et les lymphocytes T CD8+ afin qu'ils reprennent le combat contre les cellules cancéreuses. Il pourrait s'agir là d'un nouveau moyen d'aider le système immunitaire à lutter contre le CCR. Nous pensons même que notre nouveau médicament pourrait être encore plus efficace s’il est jumelé à d'autres traitements anticancéreux (comme les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire, qui aident le système immunitaire à mieux reconnaître les cellules cancéreuses). Une telle association pourrait rendre le système immunitaire encore plus fort contre le cancer.
Pourquoi ces travaux de recherche sont-ils importants ? Chaque année, de nombreuses personnes sont touchées par un cancer du rein. Malgré les traitements existants, certains cancers sont difficiles à soigner, surtout lorsqu'ils se propagent à d'autres parties du corps. C'est notamment le cas du CCR, dont les cellules tumorales peuvent « se cacher » du système immunitaire et échapper à ses attaques. La protéine DGKα est principalement responsable de ce problème, puisque c’est elle qui affaiblit les cellules immunitaires normalement chargées de combattre le cancer. En bloquant cette protéine à l'aide de notre nouveau médicament, nous espérons empêcher le cancer d’échapper au système immunitaire et aider celui-ci à riposter.
Sur quoi travaillons-nous en laboratoire ? Notre équipe a déjà mis au point un médicament spécial qui bloque la protéine DGKα. Jusqu'à présent, ce médicament s'est révélé efficace lors des tests en laboratoire pour bloquer la DGKα et aider les cellules immunitaires à se remettre au travail. Nous allons maintenant tester ce médicament sur des cellules prélevées chez des patients atteints d'un cancer du rein pour voir s'il permet aux cellules NK et aux lymphocytes T CD8+ d’éliminer plus efficacement les cellules cancéreuses. Nous vérifierons également si l'association de notre médicament avec des inhibiteurs de point de contrôle immunitaire améliore davantage la capacité du système immunitaire à combattre le cancer.
Nous procéderons à des essais pour vérifier l'activité des cellules immunitaires après leur traitement par le médicament. Nous espérons que le blocage de la DGKα rendra les cellules NK et les lymphocytes T CD8+ plus aptes à détruire les cellules cancéreuses dans le rein. Si c'est le cas, la prochaine étape consistera à tester le médicament sur des animaux, pour ensuite envisager des essais cliniques chez les humains.
Qu’espérons-nous accomplir ? Notre objectif principal consiste à trouver un nouveau moyen de traiter le cancer du rein, en particulier les cas qui résistent aux méthodes actuelles. Nous voulons bloquer l’action de la DGKα pour aider le système immunitaire à lutter contre le cancer. Si nous y parvenons, cela pourrait permettre aux personnes atteintes d'un cancer du rein avancé de vivre plus longtemps et d'avoir une meilleure qualité de vie.
Pourquoi ce projet pourrait être déterminant ? Si nos recherches se révèlent concluantes, cela pourrait constituer une avancée majeure dans le traitement du cancer du rein. En renforçant la capacité du système immunitaire à lutter contre le cancer, nous espérons découvrir un nouveau traitement qui améliorera les résultats pour les patients. Et comme la DGKα est aussi impliquée dans d'autres cancers, ces travaux pourraient également déboucher sur des découvertes utiles pour d’autres maladies que le cancer du rein.