Lauréats des bourses de recherche
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Robert Myette | Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

Médecine de précision dans le syndrome néphrotique chez l’enfant : analyse protéomique des vésicules extracellulaires dérivées des podocytes comme nouveaux marqueurs pour personnaliser le traitement

Co-candidat(s) : Mayra Trentin Sonoda, Tyler Cooper

Résumé en langage clair

Contexte : Le syndrome néphrotique (SN) est l'une des maladies rénales les plus répandues chez les enfants. Il se caractérise par une perte importante de protéines dans l’urine. Ce phénomène entraîne plusieurs complications, comme un gonflement des tissus, un risque accru d'infection, la formation de caillots sanguins et l'apparition de problèmes cardiaques précoces, en plus d’être très accablant pour les enfants atteints et leurs familles de même que pour le système de santé. Bien que la cause principale du SN soit inconnue, la maladie est habituellement traitée au moyen de fortes doses de stéroïdes, ce qui entraîne souvent des effets secondaires désagréables, notamment une prise de poids et des changements d'humeur. Il est difficile de savoir quel patient n'aura besoin que d'un seul traitement et quel patient devra prendre des stéroïdes pendant une longue période. Nous devons pouvoir mieux diagnostiquer et traiter le SN et réduire l'utilisation de ce type de médicaments pour limiter leurs effets secondaires importants.

Objectif : Pour ce faire, nous devons en apprendre plus sur le podocyte, ou « cellule podocytaire », une cellule rénale en forme de tamis qui est responsable de la filtration du sang et de la production de l'urine. Les podocytes sont également chargées de maintenir les protéines dans le sang et d'empêcher qu’elles s’échappent dans l'urine. Le SN est une maladie qui affecte les podocytes. Il est intéressant de noter que, lorsqu'elles sont stressées, ces cellules libèrent de petites particules appelées ectosomes (EC) dans l'urine, ce qui permet d'étudier ce qui se passe dans les podocytes sans faire de biopsie invasive. Notre équipe a déjà démontré que les enfants atteints de SN présentent des taux particulièrement élevés d'EC provenant des podocytes dans leur urine. Nous cherchons maintenant à mieux comprendre ce que contiennent les EC en utilisant des podocytes cultivés en laboratoire et des échantillons d'urine recueillis chez des enfants. Nous espérons ainsi mettre au point un marqueur non invasif de la réponse aux stéroïdes.

Méthodes : Nous voulons d’abord décoder les signaux émis par les protéines dans les EC des podocytes de laboratoire. Nous souhaitons ensuite déterminer si les EC provenant des échantillons d'urine présentent les mêmes signatures (groupes de découverte et de validation). Nous espérons que cette comparaison et cette corrélation entre les EC de podocytes cultivés en laboratoire et les EC provenant de l’urine humaine nous permettront de créer un marqueur non invasif, obtenu par prélèvement d’urine, de la réponse aux stéroïdes.

Résultats attendus : En nous appuyant sur nos travaux précédents qui ont déjà démontré que les EC des podocytes sont présents en grande quantité dans l'urine des enfants atteints de SN, nous pensons que ces particules présentent des profils protéiques différents selon que la maladie est en phase active ou en rémission. Nous espérons aussi mieux comprendre pourquoi les podocytes libèrent des EC en période de stress et ce que cela signifie pour la réponse aux stéroïdes chez les enfants.

Engagement des patients : Grâce à notre collaboration avec la clinique de néphrologie du CHEO, notamment en discutant avec les familles et les enfants atteints du syndrome néphrotique, et en misant sur le Programme de chef de famille de l'Institut de recherche du CHEO, nous veillerons à ce que nos efforts soient axés sur les patients et fassent une différence dans la vie des familles et des enfants confrontés à cette maladie. De plus, nous déploierons des moyens de partager efficacement nos résultats non seulement avec la communauté scientifique, mais aussi avec les patients (résumés destinés au grand public et diagrammes présentant les résultats et leur portée).

Pertinence pour les patients ou la collectivité : Ce projet de recherche présente un intérêt particulier pour les enfants et les familles touchés par le SN. La cause de cette maladie est inconnue, et les traitements comprennent l'administration de fortes doses de stéroïdes ayant des effets secondaires importants, sans compter que 10 à 20 % des enfants peuvent présenter une résistance à ces médicaments. En cherchant à mieux comprendre cette maladie, nous espérons réduire la quantité de stéroïdes administrés aux enfants atteints de SN, découvrir l’origine de cette maladie et mettre au point de nouvelles méthodes pour la diagnostiquer et la traiter.

Conclusion : Cette piste de recherche en est encore à ses débuts, mais nous espérons pouvoir nous appuyer sur ce que nous savons déjà pour mieux comprendre le rôle des EC des podocytes dans le SN, non seulement en tant que biomarqueurs non invasifs de la réponse aux stéroïdes (comme montré ici), mais aussi en tant qu’indicateurs pour comprendre les « signaux d'alarme » émis à l’intérieur des podocytes. Ces précisions pourraient changer notre façon de traiter les enfants et les jeunes atteints de SN. Ce projet me tient particulièrement à cœur, car je travaille personnellement avec ces enfants et leurs familles à la clinique où je traite la maladie. Pour eux, nous nous devons de trouver des traitements plus efficaces et adaptés à leurs besoins particuliers.