Lauréats des bourses de recherche
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Gregory Hundemer | Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

L’aldostéronisme primaire infraclinique : une nouvelle cible pour améliorer l’issue de la maladie rénale chronique

Co-candidat(s) : Alexander Leung, Arya Rahgozar, David Colantonio, François Madore, Gregory Kline, Manish Sood, Mohsen Agharazii, Remi Goupil, Tim Ramsay

Résumé grand public

Contexte : La maladie rénale chronique (MRC) touche 1 Canadien sur 10 et cause des lésions au cœur et aux reins au fil du temps. Nous ne savons toutefois pas pourquoi certaines personnes atteintes de MRC développent ces problèmes plus rapidement que d'autres. S’ils en connaissaient les raisons, les médecins pourraient être en mesure de personnaliser les soins prodigués à leurs patients. L'aldostérone, une hormone qui retient le sel dans les reins, pourrait être en cause. À des taux très élevés, l'aldostérone fait grimper la tension artérielle, ce qui finit par endommager le cœur et les vaisseaux sanguins. Ce trouble s’appelle aldostéronisme primaire (ou AP). Il faut savoir que l’on peut prévenir l’apparition de ces lésions en traitant l’aldostéronisme rapidement. De récentes études scientifiques ont révélé qu'il existe une forme atténuée d'AP caractérisée par un taux d'aldostérone modérément élevé (on parle alors d’une AP infraclinique) et que celle-ci est beaucoup plus fréquente qu'on le croit généralement. On ignore toutefois si l'AP infraclinique provoque elle aussi des lésions cardiaques et rénales.

Objectif : Nous voulons savoir si les personnes atteintes de MRC et d'AP infraclinique présentent un risque accru de souffrir de maladies cardiaques et rénales.

Méthodologie : Nous prévoyons de suivre 3 000 patients atteints de MRC qui ont participé à une vaste étude multicentrique (étude CRIC) et parmi lesquels nous comptons recenser un grand nombre de personnes atteintes d'AP infraclinique. Les participants à l'étude CRIC ont soumis des échantillons de sang, qui sont stockés depuis plusieurs années. Un suivi méthodique a été effectué par la suite, de sorte que les données médicales de tous les patients ont été recueillies à intervalles réguliers. Nous vérifierons le taux d'aldostérone de chaque patient pour voir si ceux qui souffrent d'AP infraclinique sont plus exposés aux lésions cardiaques et rénales que les autres.

Résultats attendus : Nous pensons observer un risque plus élevé de maladie cardiaque et une progression plus rapide de l'insuffisance rénale chez les patients atteints simultanément de MRC et d'AP infraclinique.

Participation des patients : Notre équipe de recherche compte sur des patients qui ont vécu à la fois avec l'AP et la MRC. Le point de vue de ces personnes nous a été précieux pour concevoir l'étude de manière à nous permettre de dégager les résultats les plus importants pour les patients. Ces patients partenaires collaboreront également à la préparation de bulletins destinés à informer le grand public des résultats de notre étude.

Pertinence pour les patients ou la collectivité : Si nous déterminons que l'AP infraclinique est un trouble répandu qui augmente le risque de maladies cardiaques et rénales, nous pourrons en déduire que l'aldostérone est une substance dangereuse, même à des taux modérément élevés. Par la suite, si les médecins apprennent à diagnostiquer l’AP infraclinique chez d'autres patients, cela pourrait permettre de cibler les personnes susceptibles de tirer des bienfaits considérables d’un traitement par un antagoniste de l'aldostérone, un médicament sous-utilisé et peu coûteux.

Conclusion : L'AP infraclinique constitue une nouvelle cible à explorer pour améliorer la santé des patients atteints de MRC. L’étude des effets de l’AP infraclinique sur les maladies cardiaques et rénales pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements visant à aider les personnes atteintes de MRC à vivre plus longtemps et en meilleure santé.