Catherine Fortier | Université Laval
Activité physique durable et santé vasculaire chez les patients en hémodialyse
Co-candidat(s) : Mohsen Agharazii, Paul Poirier
Résumé grand public
Contexte : Les patients atteints d'une maladie rénale chronique (MRC) sont lourdement touchés par les maladies cardiovasculaires et les hospitalisations à répétition, ce qui finit par causer des incapacités fonctionnelles et une diminution importante de la qualité de vie. Grâce à ses effets profonds sur l’appareil musculosquelettique et le système cardiovasculaire, l'exercice physique pourrait ralentir ou briser ce cercle vicieux. Malgré les recommandations générales visant à encourager l’activité physique, les patients atteints de MRC sont très peu actifs. Dans les unités de soins de dialyse, il est rare de pouvoir concevoir et appliquer un programme de réadaptation physique en raison de nombreux obstacles liés à l'infrastructure, au manque de connaissances et de ressources en matière d'exercice, et à la difficulté des patients à composer avec leur maladie. Bien que de nombreux modèles d’exercice physique aient démontré des effets bénéfiques dans la MRC, l'entraînement supervisé ou à la maison présente des inconvénients importants, à commencer par l'arrêt de l'entraînement après une intervention, des exercices dont l’intensité et la progression sont insuffisantes pour obtenir des résultats, ainsi qu'un faible taux d'adhésion des patients en raison d'une baisse de la motivation.
Dans le contexte de la MRC, la documentation de plus en plus riche sur l'exercice physique révèle deux importantes lacunes :
1) la détermination de stratégies efficaces pour le maintien d’un mode de vie actif à long terme; et
2) les mesures d'adaptation vasculaire qui pourraient contribuer à améliorer les résultats sur le plan cardiovasculaire.
Objectif : Cette étude jettera les bases nécessaires à l’élaboration d'un programme de réadaptation par l'exercice qui responsabilisera les personnes en dialyse tout en optimisant les ressources des spécialistes de l'exercice, avec comme objectif de favoriser le maintien d'un mode de vie actif optimal et ses effets positifs sur la santé cardiovasculaire.
Méthodologie : Dans le cadre de ce projet, nous recruterons 80 adultes en hémodialyse que nous répartirons dans deux groupes. Les participants du premier groupe recevront de l’information sur les comportements liés à l’exercice une fois par semaine pendant 12 semaines afin d’approfondir leurs connaissances sur l’exercice et de favoriser le maintien du niveau d’activité physique hebdomadaire recommandé (150 minutes par semaine). Les participants de l'autre groupe se verront proposer la même éducation sur l'exercice, mais seront également soumis à un entraînement physique supervisé une fois par semaine, durant la séance d'hémodialyse. À la fin de l'intervention, nous serons en mesure de déterminer si les changements apportés à l'activité physique ont été suffisants pour générer des bienfaits sur le plan cardiovasculaire. Nous poursuivrons l'étude jusqu'à 6 mois après la fin de l'intervention pour déterminer la proportion de patients qui maintiennent un niveau d'activité physique quotidien satisfaisant, et si cet engagement se traduit par une diminution des effets indésirables sur la santé.
Résultats attendus : Nous prévoyons que notre programme intégré d'éducation à l'exercice et notre entraînement supervisé contribueront à promouvoir un engagement à long terme dans l'activité physique. Nous nous attendons à ce que s'ensuivent une amélioration des marqueurs de la santé cardiovasculaire et une diminution des effets indésirables, y compris les troubles cardiovasculaires, les chutes et les hospitalisations.
Participation des patients : Ce programme a été conçu en collaboration avec un patient partenaire pour nous assurer d’intégrer et de faire ressortir les aspects importants pour les patients dans notre projet.
Pertinence pour les patients ou la collectivité : La réalisation de ce projet est essentielle à la mise en place systématique et efficace d'un programme optimal pour la réadaptation par l’exercice et l’éducation des patients atteints d'une maladie rénale. Par sa nature, cette méthode peut être adaptée et s'étendre au-delà des centres spécialisés, améliorant ainsi la santé des patients atteints d’une MRC à plus grande échelle. Les résultats obtenus fourniront également des renseignements précieux sur la santé vasculaire qui permettront de prescrire des exercices répondant à des besoins bien précis en matière de prévention, tels que la maîtrise de la tension artérielle et la régulation de la circulation sanguine dans les membres.