Lauréats des bourses de recherche
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Cal Robinson, Rulan Parekh | The Hospital for Sick Children

Type de financement attribué : Subventions de recherche en santé des reins

Essai clinique à répartition aléatoire sur l’utilisation de faibles doses de stéroïdes pour traiter les rechutes du syndrome néphrotique de l’enfant

Personnes candidates : Allison Dart, Anna Heath, Bibi Areefa Alladin-Karan, Damien Noone, Guido Filler, Jodie Davey, Kuan Liu, Larry Greenbaum, Lillian Sung, Mallory L Downie, Michelle Denburg, Rahul Chanchlani, Robert Myette, Sangeeta Hingorani, Silviu Grisaru, Srinivas Murthy, Terry Klassen, William E Smoyer

Résumé grand public

Contexte : Le syndrome néphrotique est une maladie rénale courante chez les enfants, affectant environ 3 000 d’entre eux chaque année au Canada. Cette maladie est caractérisée par une fuite de protéines dans les urines, ce qui provoque le gonflement de certaines parties du corps et entraîne des problèmes respiratoires, des infections et la formation de caillots sanguins. Les traitements à base de stéroïdes (comme la prednisone) sont efficaces chez la plupart des enfants, mais comme ces derniers ont souvent des rechutes, ils doivent chaque fois recevoir de fortes doses de ces médicaments, ce qui entraîne de nombreux effets secondaires graves, comme un retard de croissance, un gain de poids, l’apparition d’un diabète, l’élévation de la pression artérielle et une détérioration de leur qualité de vie. Des études ont démontré l’efficacité de faibles doses de stéroïdes dans le traitement des rechutes du syndrome néphrotique, et ce, avec moins d’effets secondaires. Comme ces recherches ont été menées sur un petit échantillon de personnes et présentaient plusieurs faiblesses, elles n’ont pas permis de déterminer la dose optimale de stéroïdes pour ce traitement. Pour répondre à cette question, il est nécessaire de mener une étude clinique rigoureuse, bien que ce ne soit pas facile d’organiser des essais cliniques classiques à grande échelle pour des maladies infantiles rares, comme le syndrome néphrotique. Des protocoles d'essais cliniques innovants pourraient être élaborés pour surmonter ces obstacles et étudier de nouveaux traitements destinés aux enfants atteints de maladies rénales rares.

Objectif : Nous voulons vérifier si de faibles doses de stéroïdes sont aussi sûres et efficaces que les doses habituellement élevées de ces médicaments pour traiter les rechutes du syndrome néphrotique de l’enfant.

Méthodologie : Pour ce faire, nous allons mener un vaste essai clinique adaptatif dans différents hôpitaux pédiatriques du Canada et des États-Unis. Le modèle adaptatif nous permet d’interrompre l’étude prématurément, c’est-à-dire dès que nous aurons collecté suffisamment de données sur l’efficacité du traitement par de faibles doses de stéroïdes. Nous allons recruter des participants âgés de 1 à 18 ans présentant une rechute du syndrome néphrotique, puis les répartir au hasard pour recevoir des stéroïdes à de faibles doses (groupe d’intervention) ou aux doses habituelles (groupe témoin). Nous comparerons ensuite le nombre d’enfants qui répondent favorablement au traitement sur deux semaines. Nous évaluerons également les effets secondaires du traitement, l’apparition de nouvelles rechutes et la qualité de vie des patients durant une année complète.

Résultats attendus : Nous sommes convaincus que l’administration de faibles doses de stéroïdes aura permis de gérer aussi efficacement les rechutes du syndrome néphrotique de l’enfant que les doses élevées, tout en entraînant moins d’effets secondaires. Selon les données recueillies dans un établissement canadien, nous serons en mesure de compléter cet essai clinique en deux ans. Cette étude permettra de répondre à une importante question de recherche jugée prioritaire par les enfants canadiens atteints du syndrome néphrotique et leurs aidants qui ont participé à des groupes de discussion. Ces enfants et leurs aidants collaboreront activement à toutes les phases du processus de recherche, de la planification à l’analyse des données. Nous avons d’ailleurs déjà constitué un réseau de patients partenaires canadiens pour ce projet.

Pertinence pour les patients ou la collectivité : Cette étude permettra de déterminer la dose optimale de stéroïdes pour traiter les enfants présentant des rechutes du syndrome néphrotique. Sachant que plus de 80 % des enfants atteints de ce syndrome subissent une ou plusieurs rechutes, nos conclusions auront une grande importance pour la majorité de ces patients. Si l’emploi de faibles doses de stéroïdes s’avère bénéfique et sécuritaire, un tel traitement diminuerait considérablement l’exposition globale des enfants à ces médicaments tout au long de leur vie, en plus de limiter le risque d’effets secondaires à long terme.

Conclusion : Le traitement des rechutes du syndrome néphrotique de l’enfant n'a pas évolué depuis plus de 60 ans et repose sur des données insuffisantes. L’administration de doses élevées de stéroïdes est efficace pour traiter les rechutes, mais elle cause également plusieurs effets secondaires graves, tant à court qu’à long terme. Nos recherches visent à déterminer si une dose plus faible de stéroïdes serait tout aussi efficace que la dose actuelle. Si c’est le cas, nos conclusions pourraient révolutionner la prise en charge des rechutes du syndrome néphrotique de l'enfant partout dans le monde. En réduisant la quantité de stéroïdes prescrite à un enfant lors de chaque rechute, on peut réduire les risques de complications graves et améliorer considérablement sa qualité de vie.