Lauréats des bourses de recherche
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Arti Parpia | Institut universitaire de technologie de l’Ontario

Type de financement attribué : Bourses de doctorat du Programme de recherche paramédicale en néphrologie

Repenser l’alimentation pendant la dialyse : permettre aux patients d'adopter un régime alimentaire plus sain, plus simple et plus agréable en toute sécurité

Co candidate : JoAnne Arcand, Ron Wald

Résumé grand public

Contexte : Les personnes atteintes d’insuffisance rénale terminale (IRT) doivent recevoir une hémodialyse pour survivre. Ce traitement est vital, mais il impose des restrictions alimentaires très strictes pour prévenir les taux élevés de potassium et de phosphore dans le sang. On recommande souvent aux patients d’éviter les aliments qui contiennent une grande quantité de ces minéraux, comme les fruits, les légumes, les noix et les produits laitiers. Respecter le régime imposé en hémodialyse peut être stressant, gâcher le plaisir de manger et compliquer l’adoption d’une saine alimentation. Des données montrent que limiter les sources alimentaires de potassium et de phosphore a peu d’effet sur leur concentration dans le sang. Les recommandations actuelles mettent peut-être trop l'accent sur les restrictions, ce qui impose aux patients des régimes compliqués et pas toujours équilibrés sur le plan nutritionnel. L’adoption d’une approche plus souple et centrée sur le patient pourrait s’avérer bénéfique pour la qualité de l’alimentation, la satisfaction et le bien-être global des patients. Il est donc crucial d’envisager cette option pour prévenir les conséquences négatives potentielles sur leur santé, leur qualité de vie et leur motivation à suivre le régime.

Objectif : Nous voulons savoir si des approches moins contraignantes en matière d’apport en potassium et en phosphore dans le régime alimentaire pendant l’hémodialyse peuvent être sûres, efficaces et plus faciles à suivre pour les patients. Nous cherchons à déterminer si les patients peuvent consommer plus d'aliments riches en nutriments sans compromettre leur santé. En comprenant mieux les liens entre une alimentation variée, la chimie sanguine, l’état nutritionnel et la qualité de vie, nous souhaitons modifier les recommandations alimentaires pour qu’elles favorisent à la fois le bien-être physique et psychologique des patients. Notre objectif est d’optimiser l’expérience de l’hémodialyse en aidant les patients à bien se nourrir et à se sentir mieux pendant qu’ils suivent leur traitement.

Méthodologie : Nous avons entrepris deux études en parallèle : la première est un essai clinique mené dans des centres de dialyse canadiens avec la participation de 148 adultes présentant des taux de potassium sanguin supérieurs aux valeurs normales. Les participants sont répartis au hasard pour recevoir deux régimes distincts pendant une période de six mois. Ainsi, un groupe adopte un régime contrôlé en potassium qui mise sur la consommation d’aliments peu transformés, l’utilisation de méthodes de cuisson réduisant le potassium, la prévention de la constipation et l'exclusion des additifs riches en potassium. L'autre groupe reçoit des directives standard sur un régime pauvre en potassium, qui mettent l'accent sur l'évitement des fruits, des légumes, des jus et des céréales riches en potassium. Des consultations mensuelles avec des diététistes seront organisées pour fournir un soutien et des recommandations. Nous effectuerons des analyses de sang pour mesurer le taux de potassium, détecter les pics de potassium, évaluer l’apport alimentaire et mesurer le degré de satisfaction des patients. La seconde étude, intitulée PHOSPHATE-DIET, fait partie d’un vaste essai qui vise à étudier la gestion du phosphate chez les patients hémodialysés. Une concentration élevée de phosphate dans le sang peut entraîner des problèmes cardiaques, mais on ignore encore si une limitation stricte de ce minéral peut améliorer la santé. Avec l’étude PHOSPHATE-DIET, nous voulons faire la lumière sur cette question en comparant l’effet d’une gestion rigoureuse de l'apport en phosphate sur l'alimentation, l'état nutritionnel et la qualité de vie de 122 patients recrutés à travers le Canada, par rapport à une approche plus souple. Les participants doivent répondre à des questionnaires concernant leurs habitudes alimentaires et l’impact de celles-ci sur leur qualité de vie. Nous analyserons les données recueillies pour déterminer si des restrictions rigoureuses en matière d’apport en phosphate affectent la qualité de l’alimentation, les apports nutritionnels et le plaisir de manger.

Résultats attendus : Nous comptons montrer que les approches favorisant une certaine souplesse dans l’apport en potassium et en phosphate sont sûres et peuvent améliorer ces aspects. Nos résultats pourraient signifier que les patients ont la possibilité de consommer une grande variété d’aliments riches en nutriments sans nuire à leur chimie sanguine. Cela pourrait mener à des recommandations nutritionnelles plus accessibles et centrées sur les besoins des patients en hémodialyse.

Participation des patients : Nous collaborons avec des patients partenaires qui nous aident à nous concentrer sur des problèmes concrets, ce qui nous permet de mener des recherches pertinentes et utiles.

Pertinence pour les patients ou la collectivité : Notre projet s’attaque directement aux défis quotidiens auxquels sont confrontées les personnes hémodialysées. Nous souhaitons démontrer que, dans certains cas, les contraintes alimentaires peuvent être allégées sans danger, ce qui améliorerait le bien-être des patients en réduisant l’anxiété liée à l’alimentation et en favorisant un meilleur équilibre nutritionnel. Grâce à ces découvertes, les professionnels de la santé pourront fournir des conseils pratiques que les patients auront plus de facilité à suivre et qui seront mieux adaptés à leurs goûts.

Conclusion : Nous voulons changer la façon dont l’alimentation est abordée pendant l’hémodialyse en passant d’une approche limitative à une approche fondée sur des preuves scientifiques et axée sur les besoins des patients. En comprenant comment des stratégies plus souples en matière d’apport en potassium et en phosphate ont un effet sur la santé et la qualité de vie, nous souhaitons rendre l'alimentation des personnes hémodialysées plus sûre, plus facile et plus agréable. En fin de compte, ces nouvelles connaissances pourraient améliorer le quotidien de milliers de personnes atteintes d’IRT en leur permettant de mieux s’alimenter, de se sentir bien et de préserver leur qualité de vie pendant l’hémodialyse.