Le Canada confronté à une crise liée aux maladies rénales qui pourrait coûter 17,6 milliards de dollars d'ici 2050
Un nouveau rapport de Deloitte commandé par La Fondation canadienne du rein préconise une intervention précoce pour prévenir jusqu'à 32 % des cas d'insuffisance rénale terminale.
La maladie rénale chronique (MRC), qui touche plus de 4 millions de personnes au Canada, coûte actuellement à l’économie canadienne plus de 11,7 milliards de dollars par an, selon un nouveau rapport commandé par La Fondation canadienne du rein, ce qui souligne la pression croissante exercée à la fois sur le système de santé et sur l’économie du pays dans son ensemble.
S'appuyant sur le Cadre stratégique national sur la maladie rénale chronique de La Fondation du rein, le rapport fournit de nouvelles données économiques pour soutenir son adoption et sa mise en œuvre et démontre comment un dépistage précoce et une meilleure prise en charge de la maladie peuvent réduire les coûts à long terme et améliorer les résultats obtenus chez les patients.
Onzième cause de décès au pays, la MRC a été à l’origine de près de 8 000 décès en 2021. La maladie reste largement sous-diagnostiquée, car elle est souvent asymptomatique à ses stades précoces et le dépistage des populations à risque n’est pas systématique. Par conséquent, de nombreux patients ne sont identifiés qu’une fois que la maladie a progressé, ce qui limite les possibilités d’intervention au moment opportun et alourdit le fardeau tant clinique qu’économique.
« Il ne s’agit pas seulement d’une crise sanitaire touchant les personnes atteintes de la maladie rénale chronique, mais aussi d’une pression économique croissante sur notre système de santé et le personnel soignant », affirme Elizabeth Myles, directrice générale nationale de La Fondation canadienne du rein. « L’enjeu est urgent. La maladie rénale chronique est l'une des conditions chroniques qui connaît la croissance la plus rapide et qui engendre les coûts les plus élevés au Canada. La bonne nouvelle, c’est que nous disposons maintenant de données probantes indiquant qu’un dépistage précoce et une meilleure prise en charge peuvent réduire considérablement les coûts et améliorer les résultats pour les patients. Le Cadre stratégique national sur la maladie rénale chronique fournit la feuille de route. Ce qu’il faut maintenant, c’est de toute urgence une action gouvernementale coordonnée pour l’implanter. »
L’analyse, réalisée par le cabinet Deloitte, révèle que la plupart des coûts sont liés aux stades avancés de la maladie, lorsque les traitements sont les plus onéreux et que les résultats sont les plus difficiles à améliorer. Pourtant, il est clairement établi qu’un dépistage ciblé, un meilleur accès aux traitements et des soins plus précoces peuvent ralentir la progression de la maladie et réduire le recours à des interventions coûteuses. Or, plus de 90 % des cas de MRC à un stade précoce ne sont pas diagnostiqués, ce qui limite les possibilités de ralentir la progression de la maladie et d’éviter des traitements onéreux, comme la dialyse ou la transplantation.
« Je sais par expérience à quel point un diagnostic précoce peut changer une vie. Trop de personnes reçoivent leur diagnostic trop tard. Investir dans le dépistage précoce et une meilleure prise en charge de la maladie donne à des patients comme moi une chance de vivre plus longtemps et en meilleure santé », affirme Kacey Neely, une patiente atteinte d’une maladie rénale chronique en attente de sa deuxième greffe.
Le rapport démontre que des améliorations ciblées de la prise en charge de la MRC, telles que le renforcement du dépistage précoce grâce à des programmes axés sur les populations à haut risque (notamment les personnes atteintes de diabète ou d’hypertension, ainsi que les groupes marginalisés comme les communautés autochtones), l’élargissement de l’accès à des traitements efficaces et l’augmentation des capacités de transplantation, pourraient prévenir un grand nombre de cas d’insuffisance rénale terminale et générer des économies pouvant atteindre 4,1 milliards de dollars par an d’ici 2050. Même des améliorations modestes permettraient de réduire les coûts futurs de plus d’un milliard de dollars par an.
Ces conclusions viennent étayer les priorités énoncées dans le Cadre stratégique national sur la maladie rénale chronique, qui préconise de passer d’un système de santé réactif et coûteux à un système plus durable et résilient, axé sur la prévention, le dépistage précoce, l’accès équitable aux soins et la prise de décision fondée sur les données.
Sans rien n’est fait, on prévoit que la maladie rénale chronique touchera plus de 6,2 millions de personnes au Canada d’ici 2050, ce qui exercera une pression croissante sur les budgets de santé des provinces et sur l’économie du pays en général.
La publication de ce rapport marque une étape cruciale dans la poursuite de l’engagement national de La Fondation du rein à l’échelle nationale et souligne le besoin urgent pour les gouvernements de donner suite au cadre stratégique afin de s’attaquer au fardeau croissant que représente la maladie rénale.
Personnes-ressources pour les médias :
Wendy Kudeba
Directrice nationale, marketing et communications
La Fondation canadienne du rein
289-329-0757
wendy.kudeba@rein.ca
Carrie Thibodeau
La Fondation canadienne du rein
Directrice nationale des programmes et de la politique publique
289-329-0758
Carrie.thibodeau@rein.ca