Maladies rénales et peuples autochtones : un fardeau silencieux et disproportionné
Les maladies rénales touchent de façon disproportionnée les peuples autochtones au Canada. Bien que cette réalité soit de mieux en mieux documentée, les défis auxquels font face les patients dépassent le cadre médical et soulèvent des enjeux d'accessibilité, d'équité et de proximité des soins.
À Kahnawà:ke, comme dans plusieurs communautés des Premières Nations, les besoins sont bien présents et les solutions doivent tenir compte des réalités culturelles, géographiques et sociales propres à la population.
Un risque plus élevé de développer une maladie rénale
Au Canada, les maladies rénales touchent de manière accrue les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Des études démontrent que ces populations présentent un risque trois à cinq fois plus élevé de souffrir de maladies rénales chroniques.
Cette situation est étroitement liée à la prévalence du diabète et de l'hypertension artérielle, deux facteurs de risque majeurs de la maladie rénale chronique. Les chercheurs soulignent également l'impact des déterminants sociaux de la santé et des défis d'accès aux soins rencontrés par plusieurs communautés autochtones.
Quand l'accès aux soins devient un défi supplémentaire
Pour les personnes vivant avec une maladie rénale avancée, les défis ne s'arrêtent pas au diagnostic.
Dans plusieurs communautés, les traitements spécialisés sont offerts à l'extérieur du territoire, obligeant les patients à parcourir de longues distances de façon régulière. Les déplacements répétés peuvent représenter un lourd fardeau pour les personnes déjà fragilisées par la maladie, particulièrement lorsqu'elles doivent se rendre à leurs rendez-vous plusieurs fois par semaine.
À ces contraintes s'ajoutent parfois des barrières linguistiques ou culturelles qui compliquent les échanges avec les équipes soignantes et rendent l'expérience de soins plus difficile pour certains patients aînés.
L'importance d'une approche adaptée aux communautés
L'amélioration de la santé rénale dans les communautés autochtones repose sur des approches culturellement sécuritaires, sur une meilleure connaissance des réalités locales et sur un accompagnement adapté aux besoins de chaque communauté.
Des professionnels spécialisés en néphrologie à proximité des patients constitue un pas important dans cette direction. Depuis peu, le Kateri Memorial Hospital Centre (KMHC) de Kahnawà:ke bénéficie effectivement de la présence de Dre Dominique Dupuis, néphrologue, qui pratiquait déjà à Châteaugay. Celle-ci permet d'offrir un cadre de prévention, de suivi et d'accompagnement avant que la maladie n'atteigne un stade nécessitant la dialyse.
Le rêve d'une dialyse offerte à Kahnawà:ke
Pour Nias Bordeau, qui reçoit des traitements de dialyse depuis plus de 26 ans, l'un des besoins les plus importants demeure l'implantation d'un service de dialyse dans la communauté.
Actuellement, de nombreux patients doivent se déplacer à Châteauguay pour recevoir leurs traitements. Une situation qui peut devenir particulièrement éprouvante pendant les mois d'hiver.
« Nous avons besoin d'un service de dialyse ici. En hiver, c'est très difficile pour les patients », explique-t-il.
L'aîné souligne que plusieurs personnes doivent quitter leur domicile très tôt, affronter les conditions routières et consacrer une grande partie de leur journée au transport et aux traitements. Pour des patients souvent plus âgés, ces déplacements répétés représentent une charge physique et émotionnelle supplémentaire.
Au fil des années, lui et d'autres membres de la communauté ont d'ailleurs multiplié les démarches pour faire valoir l'importance d'un service de proximité permettant aux patients de recevoir leurs traitements près de leur réseau familial et communautaire.
Mieux comprendre pour mieux agir
Les statistiques démontrent clairement que les peuples autochtones continuent de porter un fardeau disproportionné en matière de maladies rénales. Toutefois, derrière ces chiffres se trouvent des personnes, des familles et des communautés qui cherchent des solutions concrètes pour améliorer l'accès aux soins et la qualité de vie des patients.
Comment contribuer?
Mieux comprendre les facteurs de risque, reconnaître les signes de la maladie rénale et s'informer sur les ressources disponibles sont des gestes qui peuvent faire une réelle différence. Ceux et celles qui souhaitent soutenir les personnes touchées par la maladie rénale peuvent également contribuer aux initiatives de sensibilisation et de collecte de fonds de La Fondation canadienne du rein. Il est toujours possible de faire un don à la Marche du rein de Kahnawà:ke jusqu’à la fin de l’année 2026 en visitant le site officiel de l'événement : Kahnawà:ke - La Marche du rein 2026 du Québec